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mercredi 4 mai 2011

A la Une: Fukushima toujours en fuites !

Sur L'INFO LIBEREE, la catastrophe nucléaire de Fukushima fait toujours la Une quand elle est quasi-absente ou au mieux traité comme un quelconque fait divers depuis trois semaines par les organes « officiels » de la désinformation.  Certes la Terre continue de tourner mais tout de même, à part peut-être la fin de Ben Laden, je ne vois pourtant pas ce qui mérite plus d’attention encore aujourd’hui.
Aujourd’hui justement,  la société TEPCO en charge de la gestion (hasardeuse) de la centrale de Fukushima vient de publier des mesures inquiétantes sur la pollution radioactive de l’Océan Pacifique à deux endroits situés respectivement à 15 km et à 20 Km au large des côtes japonaises : le taux de Cesium 137 et 134, soi-disant quasi-indétectable jusque là, est 600 fois supérieur aux précédentes mesures. Preuve que la contamination avance a un rythme soutenu. Autre élément d’inquiétude, les premiers conteneurs anormalement radioactifs en Cesium 137 sont arrivés en Belgique. Ils sont bloqués dans le port de Zeebrugge jusqu’à leur décontamination. Et dire que selon TEPCO il faudra encore plusieurs mois pour venir à bout des émissions. Aussi dans un avenir même lointain je vous déconseille fortement de vous baigner dans l’Océan Pacifique au risque de se trouver nez à nez avec de beaux thons de quinze mètres de long et autres gentils requins de cinquante mètres !
L’autre info importante du jour est une conséquence de la première : il s’agit de  la mise en veille de la construction du second EPR français à Penly en Seine-Maritime. C’est Christophe de Margerie, le PDG de Total, acteur à hauteur de 8,33% du projet, qui l’affirme. Il est fort probable que la question revienne à l’ordre du jour après la présidentielle.
Et pendant ce temps l’Europe décide finalement de ne soumettre qu’aux seuls risques naturels les tests de résistance des centrales nucléaires de l’Union contrairement à ce qui avait été annoncé en pleine émotion collective. Il est vrai qu’à ce niveau-là le risque n’est pas très élevé. En revanche l’hypothèse d’une attaque terroriste ou d’une erreur humaine ne sera pas étudiée : par les temps qui courent cette décision mesure toute la sagesse et la responsabilité des hautes instances européennes pour protéger ses populations. Ah Euro, dollar, yen… quand vous nous tenez !

mardi 12 avril 2011

Fukushima = Tchernobyl, curieux traitement par les médias du web

Aujourd’hui je vous propose de voir comment le passage de l’accident nucléaire de Fukushima au niveau 7, identique à celui de Tchernobyl, a été traité aujourd’hui par les principaux sites d’information (données recueillies à 14h) :

Il y a ceux qui en font un gros titre…mais pas spécialement « leur » gros titre

lemonde.fr en fait son principal titre devant la loi sur le voile intégral et l’affaire Renault. La Côte d’Ivoire arrive en quatrième position. La Lybie en cinquième.

Tf1news.fr en fait un titre majeur au même niveau que la crise ivoirienne et plus surprenant, de Laurence Parisot qui s’en prend à Marine Lepen ???

Pour le nouveau site d’info atlantico.fr Fukushima est traité en seconde position après l’affaire Renault et devant la loi sur le voile intégral.

Enfin chez Mediapart, le sujet arrive en 3ème position devant la Côte d’Ivoire, et derrière un article sur les coups de l’Elysée contre la laïcité et un autre sur les sondages du Ministère de la Défense payés par l’UMP.
Et puis il y a ceux que ça intéressent moins…
 
Sur lefigaro.fr le sujet n’arrive qu’en neuvième position, le gros titre portant sur Alain Juppé qui critique l’action de L’Otan en Lybie, suivi le la Côte d’Ivoire et de Borloo en « liberté surveillé ».
Orange.fr traite le sujet en dixième position loin derrière la Côte d’Ivoire et l’affaire Renault ! A noter tout de même que le nucléaire n’est pas totalement absent des priorités de l’actualité orangienne à travers la centrale nucléaire de Fessenheim.
Pour leparisien/aujourdhuienfrance.fr, Fukushima est carrément relégué en douzième place !

Enfin Rue89 ne l’évoque même pas dans son fil d’actualité et préfère s’étendre sur Pina Bausch ou encore une vidéo choc.

Après cette étude rapide, il est surprenant de constater que la gravité exceptionnelle de la situation au Japon ne ressort pas. Quand nous voiyons certains sites s’illustrer avec l’affaire Renault ou encore une intervention de Laurence Parisot, franchement cela relève de l’indécence. Autre signe révélateur, aucun des sites d'info n’accorde une place véritablement à part à cette nouvelle catastrophique. Un peu comme si vingt-cinq ans après Tchernobyl et un mois après les premières fuites radioactives, nous étions blasés.

Nous atteignons ici la limite de l’information en temps réel qui « tue » la véritable info, la seule qui compte réellement au regard de son importance objective, au mieux en la banalisant par un subtil mélange avec d’autres news moins cruciales, au pire, en la reléguant carrément au fond du tiroir.

mardi 29 mars 2011

Fukushima: qu'est-ce qu'on fait maintenant ?

Ça fait près de vingt jours que la catastrophe nucléaire de Fukushima s’est déclarée après cette terrible succession d’évènements incroyablement dévastateurs. Les indicateurs révèlent qu’aujourd’hui l’environnement de la centrale est fortement contaminé par la radioactivité, à tel point que les autorités japonaises commencent  à prendre des dispositions de plus en plus fortes au niveau de la consommation d’eau et d’aliments dans la région de…Tokyo, à 250 km de là : "Etant donné que les substances radioactives ont augmenté à Tokyo après les chutes de pluie, le ministère a demandé aux distributeurs d'eau dans tout le pays de prendre de mesures", a expliqué un responsable sanitaire.

Plus alarmant encore quand Sakae Muto, le vice-président de Tepco, vous savez cette entreprise totalement dépassée par les événements qui démontre chaque jour un peu plus son incompétence, avoue qu’il n’a « pas de calendrier concret » et qu’il ne sait pas dans « combien de mois ou d’années » la situation sera de nouveau sous contrôle.

La route...du chaos: on y va tout droit
En France le nuage radioactif est passé en milieu de semaine dernière sans conséquences pour nos contrées verdoyantes et ensoleillées à en croire les autorités compétentes. Peut-être…mais qu’en est-il une semaine plus tard alors que les émissions radioactives de Fukushima continuent de plus belles ? Et quand sera-t-il dans un mois si une solution n’est pas trouvée d’ici là comme cela a été évoqué récemment ? Et qu’en sera-t-il pour les voisins plus immédiats ? ça fout les chocottes !

Pour une fois (c’est bien la première), j’en appelle donc à la mondialisation : mondialisation des compétences et des ressources pour enrayer au plus vite ce désastre planétaire créé de toutes pièces par la folie humaine et que les japonais n’arrivent pas à enrayer seuls (eux qui fournissent 20% du des fournitures électroniques mondiales, c’est dire !). A problème mondial, solution mondiale. Il y a urgence.

La France est prête à envoyer des moyens comme des robots spécialisés. Elle attend le feu vert du Japon. C’est un début. Espérons seulement qu’ils soient plus efficaces que les robots de Tchernobyl qui s’étaient désintégrés sous l’effet de  la radioactivité trop intense. Sinon il faudra envoyer des hommes, beaucoup d’hommes, et là, pas sûr que du côté d’Areva et d’EDF, ça se bouscule aux portillons pour un embarquement cauchemardesque au pays du soleil levant.

mardi 15 mars 2011

Catastrophe nucléaire au Japon : une chance à saisir


Ça y est nous y arrivons. Petit à petit mais sûrement. Qu’importe l’incident de niveau 6. Nous savons qu’il est déjà de niveau 7, et plus… depuis que nous connaissons les derniers événements. Tchernobyl n’a donc servi à rien. Certes à cette époque tout avait été mis sur le dos du régime soviétique. Quand nous voyons aujourd’hui l’impuissance japonaise vingt-cinq ans de technologie plus tard, ça fait froid dans le dos.

L’Etat français, lui, nous assure que l’EPR est la centrale la plus sûre. Peut-être mais quand est-il des réacteurs vétustes établis sur le territoire hexagonal: la liste des réacteurs âgés de plus de vingt ans est longue et les crédits alloués à leur entretien sont de plus en plus réduits. Alors oui il n’y a pas en France de risque important de séisme suivi d’un tsunami dévastateur. Pourtant d’autres périls existent, comme la menace terroriste, sans rappeler l’incident majeur de la centrale nucléaire de Blayais près de Bordeaux en 1999, ou plus simplement la vieillesse du parc…A Tchernobyl non plus il n’a pas eu de catastrophe naturelle, ni d‘attaque terroriste. Pas même aux Etats-Unis, à Three Mile Island précédemment en 1979.
J’avais écrit un précédent billet « Un Castor Unstoppable! » en novembre dernier au moment du fameux train de transfert des déchets radioactifs de la France vers l’Allemagne. Ce mot m’avait donné l’occasion de me renseigner sur la sécurité des installations nucléaires. Et franchement, après tout ce que j’ai lu, c’est l’inquiétude qui domine.
Alors plus on nous dit que ça ne peut pas arriver en France, plus ça me fout les chocottes ! Un peu comme si les autorités cherchaient à se persuader elles-mêmes en rabâchant toujours le même refrain.

Comment est-on arrivé à  un tel désastre ? La réponse est somme toute assez simple : la course effrénée au développement et à la technologie nous rend collectivement responsables de ce qui se passe au Japon. Bien sûr, les puissants lobbies nous y ont bien aidés. Il est d’ailleurs assez démoniaque de voir que ce drame se déroule dans le fief même des nouvelles technologies. L’autre aspect cynique de cette catastrophe est que le séisme et le tsunami, aussi dévastateurs soient-ils, ne sont rien à côté du désastre nucléaire qui s’annonce.
En perdant la conscience même de notre mère nature, belle, protectrice, nourricière et dangereuse, l’être humain abandonne sa dimension spirituelle : l’homme est vraiment devenu un loup pour l’homme. Les exemples ne manquent pas  au-delà du nucléaire : agriculture  et pêche intensives, bétonnage, automatisation à outrance, consommation jetable, tourisme planétaire, Clonage, OGM, mondes virtuels, etc… Il est encore temps, sinon de changer le cours de l’histoire, au moins de le ralentir et le ramener à une taille plus humaine en modifiant profondément nos comportements grâce à un retour aux valeurs plus simples de la terre et de la spiritualité : celles qui donnent l’humilité nécessaire à la dimension humaine.
Ne vous méprenez pas. Contrairement à certains, il ne s’agit pas de prôner un nouvel âge de pierre (j'adore les belles voitures !) mais seulement une prise de conscience des excès qui mènent au pire. Paradoxalement, cette immense tragédie est une opportunité unique de réfléchir sur nous-mêmes et de mettre un sérieux coup de frein au cycle infernal du progrès à tout prix, et à quel prix ! Pour ceux que ça intéresse encore, le nouvel i-pad vient de sortir…

jeudi 11 novembre 2010

Un Castor Unstoppable !

Il y a des coïncidences comme ça. Cette semaine est sorti dans les salles obscures Unstoppable, film américain au sujet simple mais pas simpliste : deux cheminots vont tenter d’arrêter un train fou rempli de produits dangereux et fonçant tout droit sur une zone fortement peuplée.

Ces jours-ci l’actualité a rattrapé la fiction. Mais cette fois une armée de militants écologistes n’a pas pu arrêter le train dément Castor venu du centre de retraitement nucléaire de La Hague, au nord du Cotentin, à destination de Dannenberg en Basse-Saxe (je n'ai pas encore vu le film mais j'imagine déjà un dénouement heureux...). Il faut dire que des milliers de policiers ont été mobilisés le long de son périple franco-allemand dont près de 16000 rien que de l’autre côté du Rhin. Cet épisode est révélateur d’un grand malaise en Allemagne, pays à forte tradition écologique et affecté depuis la décision récente d’Angela Merkel de prolonger le fonctionnement des dix-sept centrales allemandes.

C’est donc avec près d'une journée de retard que le train rempli de déchets radioactifs est arrivée à destination finale. Rien de bien grave, me direz-vous, en comparaison avec la moyenne affichée par la SNCF ces derniers temps. Cette aventure épique avec un soulèvement populaire inattendu et une réponse étatique impressionnante, pose la question cruciale du retraitement des déchets nucléaires. Epineux problème qui n’a pas encore trouvé de réponse satisfaisante. En gros, on enfouit et on oublie. Seulement la nature, elle, n’a pas la mémoire courte. Depuis 2004 la France ne stocke d’ailleurs plus les déchets issues des centrales nucléaires de nos chers voisins. Sage décision qui était la preuve d’un début de prise de conscience, dix-huit ans après un certain Tchernobyl…. Le train à haut risque a donc rapporté à son propriétaire allemand ces résidus toxiques. Comme le dit Yannick Rousselet , chargé de questions nucléaires chez Greenpeace France, il s’agit d’une « patate chaude dont personne ne veut ». On comprend pourquoi ! Personne ne sait aujourd’hui comment gérer ces poubelles de la mort.

Alors quand nos gouvernants nous parlent du tout nucléaire comme réponse à notre dépendance énergétique, ils occultent trop souvent les dommages collatéraux désastreux que cela engendre et révélés par les nombreux incidents plus ou moins graves et trop souvent occultés. Ça m’énerve vraiment quand je vois par exemple le tapage médiatique fait autour de la voiture électrique car cela ne va pas dans le bon sens. Oui à la réduction des émissions de CO2 mais pas n’importe comment et à n’importe quel prix. C’est là toute la problématique de l’écologie politique quand elle fait face à la réalité économique.

Et quand nous regardons de près la cartographie de l’énergie nucléaire en France (un parc veillissant de cinquante-huit centrales quand même), c’est vrai, il y a de quoi s’inquiéter pour notre terre.