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mercredi 3 novembre 2010

"L’Europe, Les Etats-Unis et la Chine" ou un sacré remake

La relation des trois géants planétaires ressemble de plus en plus  à un remake du célèbre film de Sergio Leone : le Bon, la Brute et le Truand.

« Le Bon » ce serait L’Europe, vue de chez nous bien sûr. Fière de ses traditions humanistes et démocratiques mais avec toujours un temps de retard sur la concurrence depuis maintenant plus d’un siècle. Les Etats-Unis seraient quant à eux « la brute » avec leurs gros bras militarisés et bodybuildés à coups de millions de dollars ; Longtemps sûrs de leur force, un peu trop même. Enfin la Chine jouerait le rôle du « truand », rusée et adepte de la copie en tout genre.

Le problème, pour nous européens, est que le scénario de la fameuse scène finale du cimetière pourrait cette fois mal tourner pour « le bon ».
En effet le 1er novembre dernier, la Chine a lancé avec succès son sixième satellite dans le cadre du programme de navigation baptisé Beidou ; L’objectif de ce vaste chantier de 35 unités volantes étant de fournir à ce pays  un système équivalent au GPS américain.
Pourtant en 2005, La Chine avait signé avec l’Europe un partenariat de 200 M€ dans le cadre du système européen Galiléo. Mais devant les lenteurs du vieux continent, elle a depuis préféré accélérer le développement de son propre système initié au tout début des années 2000.
Cet échec européen, car c’en est un, est une preuve de plus qui montre que nous sommes définitivement à la traîne, loin derrière les colosses asiatiques et américains.

L’un des trois protagonistes est tombé. A la différence du film du maître du western spaghetti, il ne s’agit pas du truand, mais bien du bon ! Tiraillée par sa bonne conscience et son histoire, L’Europe perd peu à peu son influence sur l’échiquier mondial.

Etats-Unis vs Chine, tel serait donc le duel final de ce remake. Les premiers sont accablés par une dette gigantesque et semblent désormais à la merci de la seconde, qui en détient d’ailleurs une bonne partie. Pourtant, il ne faudrait pas enterrer trop tôt « la brute » qui est capable à tout moment de réagir (c’est l’une de ses grandes forces) pour ne pas tomber dans la même léthargie que son allié européen.
Car si les asiatiques, chinois en tête, sont devenus maîtres dans l’art...technologique (la plupart des produits y sont fabriqués), il n’en demeure pas moins que les principales évolutions sociétales et intellectuelles (Google, facebook, etc…) viennent encore du pays de l’Oncle Sam.
Et puis comme les scénarios à succès sont toujours écrits à Hollywood, je mettrais bien une petite pièce sur Lee Van Cleef !

samedi 30 octobre 2010

La Future Présidente des Etats-Unis

Quelque soient les résultats, les Midterms (élections américaines de mi-mandat) marquent un tournant pour les Etats-Unis aussi important que celui qui a permis à Barack Obama de devenir le premier président américain de couleur.

Barack Obama a été élu il ya deux ans car il incarnait un vent nouveau sur le pays. Après des années désastreuses de Bushisme et de boucherie irakienne, l’Amérique avait besoin d’un grand bol d’air frais. Ce vent nouveau allait tout emporter su son passage, y compris le plus sérieux prétendant à la présidence : Hillary Clinton. Ancien avocat et professeur de droit constitutionnel, diplômé de l’université de Columbia et de la Faculté de droit de Harvard au discours brillant sur la nécessité de changer le modèle américain, Obama avait su rallier une majorité de citoyens grâce à sa force de persuasion. En promettant de résoudre la crise financière, il avait rassuré le peuple. Sa différence de couleur allait faire le reste, notamment auprès de la population noire qui s’est massivement mobilisée pour son élection; Sa femme Michelle jouant de son côté un rôle prépondérant auprès des femmes.
Aujourd’hui le bilan est décevant. La réforme de la santé l’a affaibli et son projet environnemental irrite bon nombre de gens. Les classes moyennes continuent à se paupériser et le chômage frôle désormais la barre des 10% (près du double de 2008 soit pratiquement 15 millions de personnes). Alors le discours sur le climat n’est pas la priorité du moment. Accusé de dépenser sans compter les sous de l’Etat (700 milliards de dollars pour relancer l’économie en soutenant un système financier suicidaire et sans aucun effet sur l’emploi), accusé de financer la sécurité sociale des immigrants clandestins, accusé d’intensifier la guerre en Afghanistan, son aura s'est ternie. Nous sommes loin du « Yes we can ».
Dans le même temps Sarah Palin, la femme pendant un temps la plus raillée du continent, jeune maman sexy (un film porno a même été tourné avec une actrice très ressemblante !), ultra-conservatrice et adepte du politiquement incorrect, profitait de sa popularité grandissante pour s’implanter dans l’Amérique profonde et devenir incontournable grâce au désormais fameux mouvement du Tea Party. Son discours de mère au foyer revendiquant le bon sens de la ménagère capable de gérer la crise de l’endettement qui frappe le pays  fait mouche. A tel point que plusieurs candidates de son mouvement, véritables copies conformes de leur leader charismatique, ont réussi à s’imposer face à des piliers du Parti Républicain lors des élections primaires de mi-mandat.
Ces jeunes femmes affichent sans complexes, et parfois avec excès, leur amour de la bannière étoilée, leur foi en Dieu et leur méfiance des élites de la côte Est. Pourtant rien ne semble pouvoir arrêter leur ascension. Les « mamans grizzlis » comme Sarah les appelle, n’ont peur de personne et les résultats de mardi prochain n’y changeront rien, même en cas de défaite. Une ère nouvelle est en marche : les femmes prennent le pouvoir !
L’Amérique avait besoin d’Obama pour changer son image désastreuse et redonner espoir à son peuple. Son élection a encore une fois prouvé que tout est possible aux USA. Débarrassés des mensonges de l’administration Bush, les américains ont aujourd’hui besoin de se retrouver. La grande erreur de l’actuel président a été de nier les fondements mêmes de la société américaine, pensant à tort que les valeurs qui ont fait l’Amérique avaient, sinon disparu, du moins profondément changé. Chassez le naturel, il revient au galop. Et oui les américains sont majoritairement toujours attachés à certaines idées fortes qui ont construit leur pays : patriotisme, rejet de l’interventionnisme de l’Etat et respect des valeurs chrétiennes. Sarah Palin pourrait bien en profiter, au nez et à la barbe des vieux routards du Parti Républicain, top frileux et encore associés à l’époque Bush.
Mais l’ex-colistière de John Mc Cain pourrait affronter une concurrence sérieuse en 2012, à savoir une certaine Hillary Clinton. Discrète et usant de sa position au sein du gouvernement pour renforcer ses relations diplomatiques en particulier avec la Chine, l’expérimentée challenger de Barack Obama dans la course à la candidature démocrate pourrait bientôt revenir dans le jeu présidentiel à la faveur des déçus du chef de la Maison Blanche (qui ne sont pas fans de thé pour autant), et ce,  bien qu’elle ait annoncé le contraire. La réussite de son retour au premier plan passera alors inévitablement par la promesse d’une plus grande responsabilité budgétaire. Elle pourra compter sur l’image de Bill, son mari ex-président, réputé proche du peuple contrairement à un certain…Barack Obama.

Palin / Clinton, tel pourrait donc être le match qui passionnera le monde en 2012.

Sarah devra contrôler les dérapages quand Hillary portera le poids de la dette.

L’Amérique a toujours un temps d’avance.





Je vous invite à consulter le bog suivant sur les élections US:
http://electionsamericaines.blog.lemonde.fr/2010/10/25/les-pires-publicites-de-campagne/